Jean de Santierne gravit l escalier qui montait à l appartement de
Rouletabille avec une telle rapidité que, malgré sa jeunesse et
l habitude des sports, il s arrêta un instant, essoufflé, devant la
porte. Le célèbre reporter du journal L Époque habitait depuis deux
ans cette vieille maison du faubourg Poissonnière, où il était venu se
réfugier après la mort de sa femme, survenue dans des circonstances
tragiques que nous n avons pas à rappeler ici. Fuyant toute
mondanité, ne fréquentant que de rares amis, au premier rang
desquels il fallait compter Santierne, il s était ainsi rapproché du
grand quotidien auquel il semblait avoir donné tout son temps dans
le dessein d oublier.
Jean sonna. On mit quelque temps à venir lui ouvrir la porte.
Enfin un domestique à figure camuse, toujours sombre et taciturne,
que Rouletabille avait ramené des Balkans et qui ne connaissait que
sa consigne, déclara que Monsieur n était pas là.