Eva Rossi compose des récits où le plaisir naît d'abord de l'attente, de l'abandon, de cette intimité trouble où le corps se laisse guider avant même d'oser céder. Son écriture épouse les frémissements, les hésitations, les élans secrets d'un désir qui s'installe avec patience. Chez elle, l'érotisme n'est jamais brutal : il s'infiltre, il enveloppe, il ensorcelle. Ses héroïnes découvrent moins un homme qu'une sensation nouvelle d'elles-mêmes. Dans Ton Massage, tout commence par une huile tiède, une serviette, une voix basse, presque professionnelle. Puis les gestes se font plus lents, plus précis, plus troublants. « Sous ses mains, chaque parcelle de moi semblait se réveiller comme si mon corps se souvenait soudain de tout ce qu'il avait trop longtemps oublié. » Ce qui devait apaiser finit par bouleverser, et le soin devient un langage infiniment plus intime. Un livre à lire comme on s'abandonne à des mains expertes : lentement, les yeux fermés, avec un frisson dans la nuque.