En 1673, depuis son cabinet d'Uppsala, le savant alsacien Johannes Scheffer publie en latin un livre qui va ouvrir à l'Europe une fenêtre inédite sur l'un des peuples les plus méconnus du continent : les Sâmes du Grand Nord.
Il n'a jamais vu la Laponie. Il la reconstitue à partir des lettres que lui envoient des pasteurs en poste aux confins glacés de la Suède, qu'il croise avec les auteurs anciens et sa propre érudition. De cette enquête patiente naît la première grande description européenne d'un monde de neige, de rennes et de tentes.
On y suit les origines d'une nation venue du froid, la foi de ses anciens dieux, la croix qui monte vers le Nord, le tambour du chamane qui interroge les esprits, les lois et le tribut, le commerce muet, la langue, les noces, la chasse, le renne qui fait vivre tout un peuple. Au coeur du récit, un homme, Petrus Paejwiae, brûle la pierre sacrée de ses pères : un monde bascule.
Trois siècles et demi plus tard, ce livre demeure la fenêtre la plus précise jamais ouverte sur un peuple longtemps reculé dans le silence du Nord.
Réécriture intégrale en français moderne de la description : "Lapponia, id est, Regionis Lapponum et gentis nova et verissima descriptio" de Johannes Scheffer, 1673, incluant cartes et illustrations.